Loi Duplomb : Pourquoi j’ai voté pour ce texte

pourquoi j'ai voté pour la loi Duplomb

Loi Duplomb. Ce nom résonne désormais comme un tournant dans la défense de notre agriculture. En soutenant cette proposition de loi, j’ai voulu affirmer un cap : celui d’un modèle agricole fondé sur la confiance, la liberté et le bon sens. Dans un climat tendu, parfois marqué par l’idéologie punitive, j’ai choisi la voie de la responsabilité, au service de ceux qui nous nourrissent.

Une France agricole sous pression : le constat

Depuis trop d’années, les agriculteurs français ploient sous une avalanche de normes, de contraintes, d’interdictions spécifiques à notre pays. Ce phénomène de « surtransposition », c’est-à-dire l’ajout de règles nationales plus strictes que celles prévues par le droit européen, crée une distorsion de concurrence insoutenable.

Prenons l’exemple des producteurs de betterave. Partout en Europe, ils peuvent utiliser certaines substances actives efficaces, comme l’acétamipride ou la flupyradifurone, pour protéger leurs cultures contre la jaunisse. En France, ces mêmes produits sont interdits. Résultat : nos agriculteurs sont moins compétitifs, subissent des pertes colossales et voient leurs exploitations fragilisées.

Ce constat, les professionnels l’ont relayé avec force. Dans un courrier que j’ai reçu, une filière agricole résume la situation : « Cette loi était indispensable pour rétablir une équité de concurrence entre pays producteurs. »

La loi Duplomb, une réponse de terrain

Face à ce déséquilibre structurel, la loi Duplomb apporte une réponse concrète, attendue par le terrain. Elle ne consiste pas à « libéraliser les pesticides » comme certains veulent le faire croire dans une posture purement idéologique. Elle établit un cadre encadré, temporaire, sous contrôle scientifique, pour permettre l’utilisation de solutions déjà autorisées ailleurs dans l’Union européenne.

Cette démarche s’inscrit dans une logique d’harmonisation européenne. Pourquoi des produits validés à l’échelle communautaire devraient-ils être interdits chez nous, au mépris de notre compétitivité et de notre souveraineté productive ?

Refuser cette logique, c’est condamner la France à perdre ses exploitants, ses filières, son autonomie. L’agriculture française mérite mieux que des injonctions contradictoires. Elle mérite des outils efficaces, des règles justes, une politique cohérente.

Non, ce n’est pas une autorisation aveugle des pesticides

Je tiens à le dire clairement : je ne suis pas favorable à un modèle agricole dépendant des produits phytosanitaires. Je ne défends pas un usage massif, systématique, incontrôlé de ces substances. Je suis attachée à la nature, à la biodiversité, à la beauté de nos paysages. Mais je refuse une écologie punitive qui nie les réalités techniques, économiques et humaines.

La loi Duplomb ne tourne pas le dos à la transition environnementale. Elle crée les conditions pour qu’elle soit réellement atteignable. Elle donne à la recherche le temps de développer des alternatives fiables. Elle offre une période transitoire, encadrée par des avis scientifiques, pour éviter que les exploitants ne soient acculés à l’échec ou à la cessation d’activité.

Agir de manière équilibrée, ce n’est pas céder. C’est gouverner avec lucidité.

Pour une écologie du progrès, pas de la sanction

Le débat qui entoure la loi Duplomb a révélé une fracture politique profonde. D’un côté, une vision idéologique, culpabilisante, qui oppose systématiquement agriculture et environnement. De l’autre, une approche de bon sens, qui cherche des solutions concrètes, fondées sur la science, l’expérience, la responsabilité.

J’ai choisi la seconde voie. Oui à une écologie du progrès. Non à une écologie de la sanction. Nos agriculteurs ne sont pas des pollueurs en puissance. Ce sont les premiers écologistes de France. Ce sont eux qui entretiennent les paysages, préservent les haies, protègent les sols, régulent les cycles de l’eau.

Mais ils ne peuvent le faire que si on leur donne les moyens d’agir. La loi Duplomb, c’est cela : une écologie ancrée, réaliste, crédible. Une écologie qui accompagne au lieu de punir. Une écologie de la confiance, pas de la défiance.

Une victoire de la raison sur l’idéologie

J’ai soutenu en séance la loi Duplomb parce qu’elle symbolise un tournant. Elle marque le retour d’un État qui écoute, qui comprend, qui assume. Elle représente une victoire de la raison sur l’idéologie. Une victoire de la science sur l’émotion. Une victoire de la souveraineté sur la soumission réglementaire.

Il faut comprendre ce que ce texte représente pour le monde agricole. Comme le rappellent les représentants des filières agricoles, « ce texte, très attendu sur le terrain, donne enfin des moyens à toutes nos filières pour assurer notre souveraineté alimentaire et nourrir ainsi nos concitoyens en produits de qualité ».

Ce n’est pas anodin. En 2025, il est devenu courageux de défendre une politique agricole ambitieuse. Ce vote a nécessité de la fermeté face aux pressions médiatiques, militantes, parfois même institutionnelles. J’assume ce choix. Parce que je crois en une France qui produit. Une France qui protège ses agriculteurs. Une France qui valorise ses terroirs.

Pour voir mon intervention en hémicycle : Séance publique : Lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur – 08/07/2025

Nos agriculteurs méritent confiance, liberté et reconnaissance

Le message que j’ai voulu porter à travers mon vote est simple : nos agriculteurs ne sont pas des suspects permanents. Ils ne sont pas des variables d’ajustement dans une stratégie technocratique hors-sol. Ils sont les piliers de nos territoires, les garants de notre sécurité alimentaire, les acteurs de notre souveraineté.

Avec la loi Duplomb, nous envoyons un signal fort : nous vous faisons confiance. Nous ne vous laissons pas seuls face aux crises. Nous ne vous imposons plus des normes sans solutions. Nous voulons une agriculture libre, moderne, performante et respectée.

C’est cela, la politique que je défends : une politique de la reconnaissance, de l’accompagnement, de la responsabilité partagée.

Ce n’est qu’un début : pour une reconquête agricole et territoriale

Voter la loi Duplomb, c’est enclencher une dynamique. C’est amorcer un processus de restauration de notre souveraineté agricole. Mais ce texte, aussi utile et symbolique soit-il, ne saurait suffire à lui seul à redresser durablement notre modèle agricole. Il ne s’agit pas de se satisfaire d’un geste isolé, mais bien de tracer une trajectoire cohérente, ambitieuse et structurée pour l’avenir.

Il faut aller plus loin dans la déréglementation intelligente. Le millefeuille normatif doit être repensé dans son ensemble. Une simplification ciblée, filière par filière, s’impose pour lever les blocages techniques et administratifs qui pèsent sur la compétitivité.

Il faut mieux rémunérer ceux qui produisent. La justice sociale commence à la ferme. Produire ne doit plus être synonyme de survie économique. L’État doit s’engager pour une meilleure répartition de la valeur au sein des filières, en garantissant des prix planchers et en encadrant la grande distribution.

Il faut défendre nos frontières économiques. Aucune politique agricole cohérente ne peut tolérer des importations de produits qui ne respectent pas nos standards. L’instauration de clauses miroirs dans les accords commerciaux est une urgence.

Il faut revaloriser le métier et organiser la transmission des exploitations. Simplifier la reprise, alléger la fiscalité successorale, accompagner les jeunes… autant de leviers pour éviter que nos terres ne partent à l’abandon ou ne tombent entre les mains de capitaux étrangers.

Enfin, il faut redonner du pouvoir aux territoires. Une décentralisation agricole, confiant plus de responsabilités aux acteurs locaux, permettra d’adapter les politiques aux réalités de terrain.

Loi Duplomb : un choix d’avenir, un devoir de vérité

En votant la loi Duplomb, j’ai défendu une certaine idée de la France : celle d’un pays fier de son agriculture, fidèle à ses racines, ouvert à l’innovation mais ferme dans ses principes. Une France qui choisit le pragmatisme plutôt que le dogme. Une France qui dit non à la résignation, non au nivellement par le bas, et oui à la dignité, à l’effort, à la liberté.

Je continuerai à porter cette voix, sans renier mes convictions écologiques mais avec la volonté de conjuguer environnement et économie, exigence et réalisme, progrès et enracinement.

La politique, c’est aussi cela : faire des choix. Et j’ai choisi de faire confiance à ceux qui font vivre nos territoires.

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